Sentiers bibliques

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Bible fermée.pngNos pauvres et faibles mots humains apparaissent bien insuffisants pour désigner et tenter d’appréhender toutes les multiples dimensions de la Bible que nous nommons « livre ».

Si elle en a l’apparence, elle dépasse largement ce simple statut matériel. Car elle est bien le recueil et le réceptacle des saintes inspirations, parfois complexes, que Dieu lui même a choisit de transmettre à des dizaines d’êtres humains différents durant plus de 2500 ans, sous des formes variées, et qui se prolongent bien au-delà de notre présent actuel par des prophéties, les Évangiles, des Épîtres et l’Apocalypse.

C’est le « Livre » de tous les Temps.

Pour autant, la Bible ne peut pas faire l’objet d’une espèce de culte la ravalant ainsi à un une sorte de « totem » figé et mort.

Bien au contraire, elle vit avec chacun d’entre nous par l’Esprit.

A bien y réfléchir, c’est elle qui, finalement, lecture après lecture, nous lit, nous enseigne et participe de manière décisive, avec la prière, à la fortification de la Foi que Dieu nous a octroyée dans son Amour infini et avec Grâce.

Dès lors, sa lecture régulière devient l’eau fraîche et vivifiante qui vient irriguer notre vie de chrétien sans cesse assoiffé.

La Bible nous lit, la Bible parle intimement à chacun d’entre nous par d’indescriptibles et d’indicibles souffles de l’Esprit.

Elle foisonne de faits divins, d’aventures humaines, de personnages divers comme nous dans leurs dimensions humaines….mais aussi de sujets de la vie courante d’une grande simplicité .

C’est bien ceux-ci, commentés, que vous retrouvez ci dessous comme autant d’étapes et de chemins à parcourir dans la rubrique « Sentiers Bibliques ».

En vous appuyant sur les nombreux versets référencés, vous est ainsi proposé la possibilité d’ouvrir votre Bible à des chapitres un peu oubliés ou de vous conforter par la lecture de passages plus connus.

A votre Bible !

Bonnes et fructueuses lectures à chacune et chacun d’entre vous.

 

Dominique GERARD                                   Bible ouverte.png

 

AGRICULTURE

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La culture du sol puis l’élevage, nomade et sédentaire selon les époques, apparaissent très vite dans la Bible au gré de l’histoire pour le moins mouvementée du peuple israélite. Si ces vocables ne sont pas cités directement dans les Écritures, les idées qu’ils représentent accompagnées parfois de faits concrets, sont bien formulées dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau.

Le mot « laboureur » y est courant. Il fallait qu’Adam entretienne le jardin d’Éden (Gn 2.15), Caïn cultivait le sol (Gn 4.2), Noé planta la vigne (Gn 9.20), Isaac sema (Gn 26.12).

Si culture et élevage permettaient de nourrir le peuple juif, leurs productions composaient également une part importante des offrandes et sacrifices offerts à Dieu. 

Quand les Israélites séjournaient en Égypte, l’ethnie dominant le delta du Nil, qui venait vraisemblablement de Nubie au sud, possédait un savoir faire en culture et en élevage très développé. On cultivait et exportait des céréales de diverses sortes (Gn 41.49, 41.57, 43.2). Le froment, le seigle, ou plutôt l’épeautre, l’orge sont largement mentionnés. Il y avait en outre des cultures intensives du lin (Ex 9.31-32). Les Israélites résumaient parfois ainsi leurs récoltes : «  blé et vin » ( Gn 27.37 et Ps 4.8). Lorsqu’ils nommaient un troisième produit de l’agriculture c’étaient généralement les olives (Dt .11). Si on pousse un peu plus loin, on mentionne le blé, les figues, les grenades, sans parler du miel (Dt 11.14 et 12.17).

Ésaïe ajoute à cette énumération le cumin (Es 28.25-27) et Ézéchiel les fèves, les lentilles et le millet (Ez 4.9).

L’élevage n’était pas en reste : volailles, pigeons, moutons, chèvres et bovidés.

Il est frappant de constater que la Bible fourmille d’images, de textes symboliques,  d’hyperboles et de paraboles qui s’appuient sur la production agricole : « un pays de miel », « l’agneau de Dieu », « le pain de vie »…Les anthropologues n’y verront, sans doute, que la conséquence d’une civilisation agraire...la réalité est plus complexe, nous le savons tout au fond de nous.

Du coté des outils, les Israélites avaient des charrues tirées par des bœufs (1 R 19.19, Es 2.4), des émondoirs, des faucilles et bien d’autres encore (Dt 16.9, Jl 3.13...etc).

Le repos de la terre, laissée en jachère la 7eme année, permettait déjà d’atteindre le but poursuivi de nos jours par l’assolement (Ex 23.10-11). Par principe, on moissonnait les bonnes récoltes. En fait, les agriculteurs de l’époque limitaient leurs récoltes de céréales au nécessaire afin de conserver de l’eau dans des réservoirs si elle venait à manquer et éviter, tant que faire se peut, une éventuelle famine par sécheresse. Écologie et respect de la nature étaient bien là au rendez vous. Nous ferions bien de nous en inspirer actuellement. 

L’agriculture, l’élevage du menu et du gros bétail furent, durant toute la période biblique historique, les principales sources de revenus de la Palestine qui n’était pas une région de commerçants comme la Phénicie ou l’Assyrie par exemple. Il faut cependant y ajouter l’artisanat et les métiers du bâtiment : le père humain de Jésus était charpentier, et le Seigneur, Fils de Dieu, lui-même, exerça vraisemblablement ce métier pendant plusieurs années.

 

AIGUILLON

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Il s’agissait d’un long bâton à l’extrémité effilée ou munie d’une pointe de fer. On l’employait pour faire avancer le bétail (1S 13.21). Schamgar tua 600 Philistins avec un aiguillon (Jug 3.31). Les paroles des sages sont fort justement comparées à des aiguillons ( Eccl 12.13).

La phrase « Il te sera dur de regimber contre les aiguillons » adressé par Dieu à Saul avant qu’il ne devienne Paul (Act 9.5) est une métaphore qui implique la résistance du pêcheur à l’appel de Dieu par le moyen de l’image saisissante d’une bête récalcitrante qui se blesse elle-même contre l’aiguillon à bœufs.

Paul ne l’oubliera jamais, lui qui écrira plus tard, après bien des épreuves, ces phrases magnifiques en s’inspirant d’Os 13.14: « Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira cette parole de l’Écriture : La mort a été englouti dans la victoire. Mort où est ton aiguillon ? Enfer où est ta victoire? L’aiguillon de la mort c’est le péché, et ce qui donne sa puissance au péché c’est la loi. Mais que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Co 15.54-57).

 

APOLLOS

Juif né à Alexandrie, éloquent, instruit et grand connaisseur de l’Ancien Testament, il est devenu disciple de Jean-Baptiste et enseignait avec zèle tout ce qui concernait le Messie en ne connaissant que le baptême de repentance. C’est en voyageant en Asie Mineure qu’il rencontre à Éphèse Aquilas et Priscille qui l’informent de tout ce qu’il ne savait pas sur Jésus le Christ, sa vie, sa mort et son enseignement. C’est pour lui un vrai bouleversement. Il rejoint les Chrétiens d’Achaïe, les soutient, réfute en public les Juifs Orthodoxes partisans de la Loi seule, et prouve par les Écritures que Jésus est le Christ (Act 18.24-28). Les disciples que Paul rencontra peu après à Éphèse étaient probablement des convertis d’Apollos, mais il ne connaissaient que le baptême de Jean et n’avaient pas entendu parler du Saint Esprit (Act 19.1-7). L’attachement à Apollos de quelques sœurs et frères de Corinthe créa, pour un moment, de la désunion dans l’Église (1 cor 1.12, 3.4 à 6, et 22). Cependant Paul avait confiance en Apollos, et il insista pour que celui-ci revienne visiter Corinthe (1 Cor 16.12). Ensuite, Paul enjoignit à Tite d’aider Apollos en Crête (Tit 3.13)

De nombreux théologiens ont émis l’hypothèse qu’Apollos pourrait être l’auteur de la merveilleuse « Épître aux Hébreux », d’autres avançant l’idée que Paul en aurait été un inspirateur auprès d’Apollos ?

 

BEELZEBUL

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Béelzébul est connu comme étant le prince des démons (Voir Mt 10.25, 12.24 ; Mc 3.22 et Lc 11.15, 18 et 19) que Jésus, lui même, identifie avec Satan (Mt 12.26, Mc 3.23 et Lc 11.18).

Ce nom propre à tout Israël, dans un sens géographique élargi, ne diffère que de très peu de Baalzébub, le cruel et démoniaque dieu d’Ekron (ville des Philistins).

On peut expliquer ainsi ce glissement sémantique : afin d’insulter le dieu d’Ekron et ses adorateurs, les Juifs remplacèrent z°bub (mouche) par zibbul ou zebel (fumier). Béel n’étant qu’une autre façon de désigner Baal.

D’autres font dériver l’expression de l’hébreu z°bul signifiant « habitation ».

Béelzébul signifierait alors « maître de la maison » sous entendu : qu’habitent les mauvais esprits.

Ainsi Jésus aurait joué sur le sens de ce nom dans Mt 10.25 « ..S’ils ont appelé  le maître de la maison Béelzébul, ils appelleront d’autant plus volontiers ainsi les gens de sa maison ».

 

BETHANIE

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Béthanie peut se traduire par « maison de l’affligé », dans le Talmud ce nom signifie plutôt « maison des dattes non mures » d’où vraisemblablement la notion symbolique d’affliction.

C’est une petite ville édifiée sur le Mont des Oliviers ( Mc 11.1, Lc 19.29) à environ 3 kilomètres de Jérusalem (voir Jn 11.18) sur la route de la  malheureusement célèbre ville de Jéricho. Notre Seigneur Jésus y logea souvent ( Mt 21.27 et 26.6, Mc 11.1, 11.11­12 et 14.3). Souvenons nous que c’était la ville de Lazare, de Marthe de Marie ( Jn 11.1, 11.12 et 12.1) mais également de Simon le lépreux, où eut lieu l’une des onctions de Jésus ( Mt 26.6­13 et Mc 14.3). Cette ville apparaît bien comme une étape importante dans l’itinéraire terrestre de notre Seigneur. Jésus était vraisemblablement près de Béthanie lorsqu’il fut enlevé au ciel pour rejoindre le Père ( Lc 24.50­51).

Actuellement cette petite cité est devenu une misérable bourgade généralement identifiée avec le village « El­’Azirïyen » dont la traduction est « le village de Lazare ». Étonnant. Olives, figues, grenades prospèrent malgré tout à la place des luxuriants palmiers­dattiers d’autrefois, du temps où un homme appelé Jésus de Nazareth y passa un peu de son temps parmi ses sœurs et frères humains, temps qu’il savait inexorablement compté.

 

CAÏPHE

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Joseph Caïphe , élevé au lait de la tradition, fut nommé Grand­Prêtre en l’an 18 de notre ère, par un certain Valérius Gratus, procurateur romain et prédécesseur de Ponce Pilate. Caïphe et Anne, son beau­père ( Jn 18.13) étaient Grand­prêtres lorsque Jean­Baptiste commença son ministère ( Lc .2). Caïphe et ses affidés proposèrent rapidement de mettre Jésus à mort percevant à la fois le risque religieux et politique. Caïphe, du reste, dit à propos de l’importance à ses yeux de ce projet de mort, des paroles dont il ne percevait ni la portée, ni le poids : « Il est de notre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas ( Jn 11.49­50, 18.14).

Les chefs des prêtres, les scribes et les Anciens, instruments du meurtre programmé, tinrent conseil dans le palais de Caïphe et y tramèrent le complot contre Jésus ( Mt 26.3­5). Lors de l’arrestation de Jésus, on l’amena de prime abord au palais de Anne qui l’envoya lié à Caïphe ( Jn
18.24). Celui ­ci, devant l’attitude de notre Seigneur, déchira, de rage, sa tenue sacerdotale du
moment au mépris de la Loi ( Lev 21.10) Madré et habile, il le fit conduire, en fin politique, au prétoire de Ponce Pilate ( Jn 18.28). Caïphe infiniment
humainement responsable, « de jure » , du meurtre dans les affreuses circonstances, que nous avons parfois tendance à oublier, de l’innocent prisonnier, participa plus tard avec la même hargne froide au jugement de Pierre et de Jean ( Act 4.6). Il fut destitué de sa charge an l’an 36 de notre ère par Vitellius, représentant de l’autorité romaine en Syrie et disparu dans les oubliettes de l’histoire humaine... tout du moins de celles­ ci.

 

CORBAN

De l’hébreu « Korban » signifiant « offrande ». Offrande non sanglante ou sacrifice sanglant dédié à Dieu. On se reportera utilement à Lv 1.2-3, 2.1, 3.1 et Nb 7.12-17. Le mot « Korban » se retrouve dans ces passages. Un autre mot de la même racine, « Korbanas », apparaît dans Mt 27.6 à l’occasion du suicide de Judas, il est traduit en français, dans ce cas, par trésor sacré. Ici le mot « corban » désigne l’argent ou le service mis à part, parfois injustement, pour Dieu. Jésus dénonce radicalement cette pratique dans Mc 7.11. Un procédé répréhensible consistait , en effet, à refuser d’aider ses propres parents sous prétexte que l’argent ou le service que l’on aurait pu leur rendre était voué à Dieu, et qu’il eût été sacrilège de les distraire de ce but sacré.

Josèphe, commentateur et historien Romain, rapporte que la populace vociférante assiégea le tribunal de Ponce-Pilate, parce qu’il avait affecté l’argent consacré, le « corban », à la construction d’aqueducs destinés à améliorer l’acheminement de l’eau vers Jérusalem qui en avait grand besoin.

« La lettre tue, mais l’Esprit vivifie », les Pharisiens de l’époque de Jésus et de la nôtre ont tendance

parfois à oublier cette vérité.

Voilà qui doit nous interroger.

 

CRUCIFIXION

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Ce terrible mot, nous ne devons jamais en faire un mot ordinaire. Considérons-le avec humanité, amour, gratitude, foi et lucidité. Il signifie aussi que par la Foi nous sommes blottis dans l’infinie miséricorde du Père par le sacrifice du Fils incarné en un homme.
Dans le monde antique, la crucifixion était perçue comme un mode d’exécution particulièrement affreux et humiliant.
Assyriens, Perses, Scythes, Grecs (époque d’Alexandre le Grand), Germains, Celtes, Bretons anciens, Indiens d’Asie l’ont pratiquée avant et après les Romains.
Point commun, dans la majorité de ces cultures, l’affreux supplice était réservé aux esclaves, aux pires criminels et aux soldats vaincus. Les Juif eux-mêmes l’ont pratiquée (le grand prêtre Sadducéen Alexandre Jannée fit crucifier 800 personnes en un seul jour lors d’une fête barbare par exemple).
A l’époque Romaine, elle ne pouvait être appliquée aux citoyens Romains sauf en cas de trahison ou de désertion.
La littérature latine reflète l’effroi que ce supplice ignoble inspirait. C’était la sanction la plus douloureuse et la plus entachée de déshonneur, pire que la décapitation, le bûcher, ou le fait d’être jeté aux bêtes sauvages.
Le supplice se déroulait dans un endroit bien visible du public afin de servir d’avertissement.
Avant de crucifier quelqu’un, à l’époque de Jésus, il était courant de fouetter la personne ou de lui administrer d’autres supplices.
La croix avait la forme soit d’un simple poteau vertical, soit d’un poteau vertical barré d’un poteau horizontal à son sommet ou proche de celui-ci.
En règle générale, on inscrivait sur un petit panneau le motif de la condamnation, ce dernier étant placé au dessus de la tête du crucifié.
Parfois un bloc un bloc de bois était fixé au poteau vertical en guise de siège ou de repose-pieds (ou les deux).
Le supplicié était crucifié dénudé, en règle générale, afin de renforcer son humiliation, il était souvent couvert d’injures et de quolibets.
L’agonie pouvait durer jusqu’à deux ou trois jours. Le crucifié perdait des forces lentement, malgré l’éventuel présence du bloc de bois, dans les bras et les jambes. Sa cage thoracique s’affaissait inexorablement minute après minute. Sa respiration et sa circulation sanguine se trouvaient ainsi entravées et provoquaient, après d’affreuses souffrances, une défaillance cardiaque et/ou cérébrale. Pour provoquer plus rapidement sa mort, on lui brisait parfois les jambes, ce qui accélérait le processus mortifère.
Voici donc comment Jésus, notre Seigneur et Sauveur, le Fils de Dieu a été traité.
Sans rentrer dans un logique doloriste infructueuse ou de culpabilité improductive, il importe que chaque chrétien garde présent, en sa mémoire et sa vie, la marque indélébile de ce que ce Jésus, le propre Fils de Dieu a subit dans sa condition humaine pour le pardon de chacun d’entre nous.
Pour les Juifs ce genre de sanction atroce était perçu comme une malédiction. D’après Dt 21.23, en effet, « celui qui est pendu au bois est maudit de Dieu » Une telle perspective permet de mieux comprendre pourquoi l’apôtre Paul présente la Croix de Christ comme « un scandale pour les juifs »et une « folie pour les non-juifs » ( 1Co 1.23).
Comment imaginer que le Saint de Dieu accepte de se charger de la malédiction qui nous frappait ?
Il l’a fait. En demandant au Père le pardon pour ses tortionnaires.
Il l’a fait. Pour chacun d’entre nous.
Ce signe de déshonneur est ainsi devenu le puissant symbole de notre Salut.
Rendons grâce à notre Sauveur.

 

DIACONESSE

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 (Du grec diakonïa : service et diakoneo : servir ). Femme remplissant des fonctions auxiliaires analogues à celles d’un diacre dans une Église locale et dont les qualités spirituelles et morales correspondent à ce qu’expose 1 Tim 3.8-13. Souvent son activité s’appuyait sur un don personnel : Soins des pauvres, secours aux veuves et aux membres de la communauté en difficultés matérielles et parfois même spirituelles. Le soin porté à ces personnes ne lui enlevait pas le privilège de parler pour Christ en public.
Parmi les diaconesses on peut citer Phœbé, « servante de l’Église de Cenchrées » (Rom 16.1)
L’allusion de 1 Tim 3.8 se rapporte probablement aux diaconesses.
En l’an 100 après Jésus-Christ, il y avait depuis longtemps des diaconesses dans les Églises de Bithynie, car Pline écrit, dans sa célèbre lettre à l’Empereur Trajan au sujet des chrétiens, qu’il a personnellement rencontré et interrogé « 2 vieilles femmes » de la communauté chrétienne et que l’on  nommait « ministraes », équivalent en latin « ordinaire » du terme évoquant la fonction de diaconesse.

 

DISCIPLE

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Ce mot désigne un élève ou une personne qui a étudié (Mt 10.24), ayant suivi un enseignement public comme celui de Jean- Baptiste (Mt 9.14). C’est aussi une personne enseignée de Dieu (Es 8.16).

Le terme de disciple s’applique aux gens de n’importe quel âge ou condition qui ont accepté avec foi les instruction du divin maître (Mt 10.42, Lc 14.26, 27, 33 et Jn 4.1 par exemple).

Il s’adresse plus particulièrement et avec une force spirituelle renforcée aux 12 apôtres. On se reportera utilement à Mt 5.1, 8.25, 10.1, 12.1 ..etc.

Il exprime aussi un état d’esprit, un disciple étant toujours à l’écoute de l’enseignement du Maître, et surtout le mettant en pratique. Nous y reviendrons lorsque sera élaboré l’article « apôtre ».

 

ERASTE

Eraste fait partie de la myriade de chrétiens plus ou moins oubliés qui ont activement participé au développement du christianisme dans les premiers temps.
En français d’aujourd’hui la traduction de son nom grec donnerait « bien-aimé »
Il fut l’un des chrétiens qui assistèrent Paul. Juste avant l’émeute d’Éphèse, l’apôtre l’envoya avec Timothée en Macédoine, tous deux chargés d’une mission. (Act 19.22). Cet Eraste est probablement le personnage cité dans 2 Tim 4.20 comme habitant Corinthe. Peut-être, du reste, était il aussi ce chrétien remplissant la haute charge de trésorier de la ville. Ce fonctionnaire joignit ses salutations à celles de Paul aux croyants de Rome ( Rom 16.23)

 

FIÈVRE

Maladie, ou plutôt genre de maladies, souvent citée dans la Bible caractérisée par la diminution des sécrétions, l’élévation nette de la température corporelle, la soif, l’accélération du pouls et d’autres symptômes incompris à l’époque*.

Cet ensemble de manifestations morbides et recouvrant plusieurs pathologies, s’exprimait en hébreu par le mot « kaddahadt, « brûlant ( Lev 26.16). Il est également traduit par « fièvre intermittente »

Dans Dt 28.22, le mot fièvre est accompagné des termes inflammation et chaleur brûlante indiquant tous deux des symptôme fébriles. En grec Fièvre se traduit par « pyretos » de « pyr » signifiant feu ( Mt 8.15, lc 4.38, Jn 4.52, Act 28.8). Galien et les médecins grecs distinguaient les petites et les grandes fièvres. Luc fait bien cette distinction à laquelle on peut s’attendre, puisqu’il était médecin.

Quand la Bible mentionne successivement l’épée, la famine et la peste, il faut probablement entendre par « peste » l’affreux typhus qui ravageait des populations entières démunies de traitements efficaces.

*Physiologiques et/ou psychologiques

 

GÉHENNE

Le mot « géhenne » revient souvent dans une partie de l’Ancien Testament et dans le Nouveau.

Il tire son nom de l’expression hébreux, GëHinnom, vallée de Hinnom (Mt 5.22 , et 29 à 30, 10.28, 18.19, 23.15, et 33 ; Mc 9.47, Lc 15.5, Jq 3.6)

Cet endroit, proche de Jérusalem est un double lieu d’horreur, propre à frapper les esprit et à l’assimiler à l’Enfer.

Tout d’abord, on y brûla des enfants en l’honneur du dieu païen Moloch. En raison des crimes qui s’y commirent (Jr 32.35), de sa profanation par le roi Josias (2 R.23.10), la vallée d’Hinnom devint un lieu de péché et d’affliction et finit par symboliser l’éternel châtiment dont seul Dieu en connaît l’horrible et insoutenable réalité. De plus on y brûlait sans cesse des immondices et des ordures.

La vision de ce feu quasi « éternel » renforça son image symbolique (Mt 18.9, Mc 9.43). C’est aux scènes horribles vues dans cette vallée maudite qu’on emprunta des images représentant la géhenne de l’autre monde (Mt 5.22, et 13.42, Mc 9.48).

 

HERBE

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Quoi de plus simple que le mot « herbe », celle qui croit dans jardins, chemin et prés.

Cependant dans la Bible il se teinte de combinaisons de sens plus complexes. Prenons quelques exemples.

Ce terme est très souvent employé dans les Écritures dans un sens indéfini se rapportant à l'herbage en général.

Les graminées (graminacéa) et les céréales cultivées en sont les genres les plus représentatif. Gn 1.12 mentionne successivement la verdure, l'herbe et les arbres . Au final révélé, l'Apocalypse cite également ce mot dans un contexte autrement différent ( 8.7).

Mais, dans un sens figuré, le mot « herbe » prend une riche dimension multi-symbolique :

- La déchéance de l'homme puissant rempli d’orgueil et d'incrédulité (Dn 4.29-30)

- La brièveté de la vie terrestre de l'homme : le matin, l'herbe fleuri, le soir on la coupe, puis elle sèche ( Ps 37.2, 90.5-6, 102.12, 103.15-16, Es 40 .6-8, Mt 6.30 et Lc 12.28)

Un mot simple peut en receler d'autres bien plus complexes. Certainement à méditer.

 

HUILE

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Chez les Hébreux, il s’agissait surtout d’huile d’olive.

On récoltait ce fruit l’automne, en secouant ou en gaulant les oliviers (Dt 24.20, Es 17.6 et 24.13). Pour extraire l’huile, on commençait  par fouler les olives avec les pieds (Dt 33.24 et Mich 6.15), souvent dans une cavité naturelle ou construite peu profonde : dans le roc en règle générale. Pour  passer ensuite la pâte obtenue dans des pressoirs ou mortiers rudimentaires.

Un autre procédé consistait à broyer directement le fruit au moyen d’une roue en pierre dans un bassin circulaire qui recueillait l’huile. La pulpe huileuse ainsi obtenue était ensuite pressée, le liquide placé dans une cuve en pierre ou des jarres afin que les impuretés se déposent au fond. Plus tard ce seront des filtre de tissus qui seront utilisés.

L’hébreu « yishar » désignait l’huile fraîche (Jo 2.24 texte hébreu). L’huile pure d’olives concassées probablement dans un mortier, était la plus fine (Ex27.30 et 29.40) mais aussi la plus recherchée car  la plus appréciée.

L’huile d’olive, produit palestinien par excellence avec la vigne et le blé, constituait la principale ressource de revenu agricole ( Nb 18.12, Dt 7.13, Néh 10.39 et 13. 5 ...etc). Brûlant dans les lampes, l’huile permettait de s’éclairer, elle avait aussi des vertus médicinales et d’hygiène.

On l’appliquait sur les plaies (Es 1.6, Mc 6.13) en y ajoutant parfois du vin (Lc 10.34). Pour adoucir ses souffrances, Hérode se mit dans un bain d’huile d’olive chaude. L’huile servait aussi d’onguent, surtout après le bain (Ps 23.5 et 104.15, 2 S 14.2).

La nourriture (voir cet article plus bas) était à base d’huile d’olive (1 Chr 12.40, Ez 16.13). La pâte du pain en contenait (1 R 17.12).

Une partie des oblations consistait en gâteaux de fine farine mélangée d’huile, et en galettes arrosées aussi d’huile.

L’huile vierge devait entretenir continuellement la lumière du Saint Sanctuaire (Ex 27.20).

Dans l’Ancien Testament, l’onction (voir cet article plus bas) des rois se faisait avec de l’huile d’olive fine (1 S 10.1, 16.1 et 13 et aussi 1 R 1.39, 2R 9.1 et 6) appelée sainte parce qu’employée au nom de Dieu (Ps 89.21). Les sacrificateurs, le Tabernacle, l’Arche, la table, le chandelier, l’autel des parfums et celui des sacrifices, la cuve avec sa base, et tous les ustensiles sacrés étaient oints d’huile précieuse : une ordonnance sacrée en réglait la préparation comme l’emploi (Ex 30.22-33).

Manifestement, l’huile est déjà le symbole du Saint-Esprit. L’onction d’huile du sacrificateur, du prophète et du roi (Lv 8.12, 1R 19.16) représentait en fait l’onction de l’Esprit accordée à Christ (Es 11.2, Lc 4.18, Hbr 1.9) et à tous ceux qui sont rois et sacrificateurs avec Lui (1 Pi 2.9, 1 Jn 2.20 et 27).

L’huile est également l’image , bien sûr réductrice, de l’Esprit qui répand sa lumière parfaite devant Dieu dans le sanctuaire (Ex 27.20-21, Zach 4.26 et 11.24, Ap 4.5), qui nous révèle la gloire du Seigneur en nous conduisant dans toute la vérité (Jn 16.13-14), en nous instruisant et en nous défendant contre le menteur tentateur.

 

ISCARIOT

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Iscariot ou Iscariote, le mot vient vraisemblablement du grec et signifie « homme de Karioth qui semble être un lieu géographique.

C’est le surnom de Judas, le traître (Mt 10.4, Lc 6.13) . Simon , son père, l’avait porté avant lui (Jn 6.71 et 13.26).

Cette appellation permet de ne pas le confondre avec un autre apôtre du même nom, que nos versions françaises de la Bible désignent sous le nom de Jude (Lc 6.16, Act 1.13 et 16).

Judas était, semble t’il, originaire de Karioth, petite localité du sud du pays de Juda appelée Kerijoth dans Jos15.35. Cependant quelques spécialistes bibliques émettent l’hypothèse qu’il s’agirait en fait  de Koreae, sur la frontière nord-est de la Judée. Si c’était le cas, Judas aurait été le seul Judéen parmi les apôtres qui étaient, eux, tous Galiléens. A méditer.

 

JULIUS

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Julius que l’on peut aussi traduire par « Jules » de nos jours est un centurion romain qui joua un grand rôle dans la vie de notre cher frère Paul.En effet, il était un des centurions de la cohorte Augusta auquel fut confié l’apôtre et d’autres prisonniers afin de les emmener à Rome (Act 27.1). Il se montra plutôt bienveillant envers notre frère et lui permis même de rendre une visite à ses amis de Sidon (dans l’ancienne Phénicie), se reporter à Actes 27.3.Au cours de ce long et périlleux voyage, au large de la Crête, Julius ne crut pas Paul lorsque celui-ciannonçait une forte tempête imminente (Act 27.11). Cette dernière arriva et notre centurion pris enfin en considération la mise en garde de l’apôtre et empêcha l’équipage d’abandonner le navire en détresse (Act 27.11). Au moment de l’inévitable naufrage, les soldats voulurent tuer tous les prisonnier afin de prévenir leur évasion.Mais Dieu veillait et Paul, tout prisonnier qu’il fut, n’en avait pas fini avec son ministère ornementé de fulgurantes Épîtres, entre autres actes de sa « course », selon son expression.Julius s’opposa au massacre afin de sauver Paul ( Act 27.42-43).

 

LOUP 

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On trouve des mentions de ce carnivore sauvage et féroce tout au long de la Bible où il apparaît aus- si comme une image métaphorique du mal et de la cruauté.

Ainsi dans Es 11.6, Hab 1.8. C’est un tueur de Brebis : Ecclq 13.17, Jn 10.12 « Mais le mercenaire, qui n’est pas le berger, et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse » Le loup ici , est une image du Satan ravageur. De jour le loup se cache, la nuit, il chasse (Soph 3.3).     

En Hébreux il se traduit par le mot Zeeb.

Au sens figuré, la comparaison avec le loup implique habileté et extrême violence. Quelques exemples : princes criminels (Ez 22.27), faux prophètes ( Mt 7.15, Act 20.29) ou encore ennemi du peuple de Dieu (Mt 10.16).

Le loup de Palestine, qui n’est pas rare dans cette région, est une variété de l’espèce européenne dite canis lupus. Ce redou- table carnassier palestinien, contrairement à ses congénères de notre continent, ne chassait pas en meutes mais isolément, parce qu’il trouvait facilement et régulièrement des proies sous un climat plus clément que dans nos contrées, hiver compris.

 

LUNATIQUE

Ce mot vient du grec « selënë » : Lune. A l’époque de Jésus, on croyait que les phases et la lumière de l’astre de la nuit influaient sur le comportement des personnes atteintes de maladies mentales plus ou moins graves et qui présentaient quelques rares moments de lucidité. Globalement ces personnes étaient perçues comme effrayantes et se retrouvaient souvent mises au ban de la société. Les lunatiques sont cependant distinguées des démoniaques (Mt 4.24). Mais tous sont considérés comme atteints de maux dont l’origine est fondamentalement différente de ceux qui souffraient de maladies purement physiques, quoique la maladie était souvent considérée comme le résultat d’une faute ou d’un péché par le peuple.

Jésus, lui, les considérait, dans son extrême compassion, comme des malades identiques dans leurs souffrance aux autres. Tous sont, au final, la proie du Mal. Il les guérissait donc avec un amour infini. Voir également Mt 17.15 et Mc 9.17.

Malheureusement notre société actuelle n’est pas encore guérie de ce regard gêné et parfois clivant sur ces personnes humaines que l’on dit cyniquement « pas comme les autres »

 

MARTHE

Ce nom vient de l’araméen et signifie « dame » ou « maîtresse ». Elle est la sœur de Marie et de Lazare de Béthanie (Jn 11.1-2), tous trois particulièrement attachés à Jésus. Marthe voulut lui témoigner son affection en le recevant dignement. Marie, sans doute plus contemplative que sa sœur, n’aspirait qu’à écouter le Seigneur en oubliant les taches ménagères du moment. Marthe demanda à Jésus de la réprimander. Celui-ci lui fit comprendre que la faim spirituelle de ses disciples était plus importante que leurs soins respectueux (Lc 10.38-42). Les 2 sœurs exprimaient une foi extrêmement vivante (Jn 11.21-32). Leur maison de Béthanie, cité importante dans la courte vie terrestre de Jésus, est nommée « maison de Marthe » ( Lc 10.38). Lors d’un autre repas à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux (Mt 26.6, Mc 14.3), Lazare était présent et Marthe, de nouveau, servait : quant à Marie elle oignit les pieds de Jésus dans un grand moment de piété et de respect (Jn 12.1-3). Plusieurs théologiens en ont déduit que Marthe était peut-être l’épouse ou la veuve de Simon le lépreux. Ces femmes auront incontestablement apporté des adoucissements à la vie rude qu’aura connu notre Seigneur sur cette terre.

 

NATHANAËL 

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Ce nom propre signifie Dieu a donné.

Ce disciple était originaire de Cana en Galilée.Jésus, notre Seigneur, déclara qu’il était un Israélite sans fraude (Jn 1.47). Philippe l’informa que Jésus était le Messie annoncé par les prophètes. Il éprouva de la peine à le croire, car Nazareth ne figurait pas dans les prophéties de l’Ancien Testament.

De plus cette petite ville ne semble pas, à l’époque, avoir eu une très bonne réputation.

Cependant ses doutes s’évaporèrent dès qu’il eut constaté le don de connaissance surnaturelle et divin que manifestait Jésus. Sur ce point on se

reportera au verset 1.45-51 de l’Évangile de Jean. Nathanaël se trouvait dans la barque avec Simon Pierre lors de la dernière pêche miraculeuse ( Jn 21.2).

Les listes d’apôtres, dans les 3 premiers Évangiles, ne contiennent pas curieusement le nom de Nathanaël. Les théologiens estiment qu’il était très probablement le même homme que Barthélémy.

L’Ancien Testament mentionne 10 autres personnes du nom de Nathanaël.

Cependant, il utilise la transcription hébreux primitive de ce nom soit Nethaneel qui signifie également Dieu a donné.

Nathanaël est un édifiant exemple d’un homme qui passe par les affres du doute pour trouver enfin la Foi et nous apparaît ainsi dans toute son humanité de chrétien.

 

NOURRITURE - ALIMENTATION

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Quand ils étaient encore nomades, les Hébreux se nourrissaient principalement de pain et des produits de leurs nombreux troupeaux : lait frais ou caillé, parfois viande (Gn 18.7, Jug 5.25). Ils mangeaient aussi le miel sauvage (Jug 14.8-9) mais aussi des baies, des fruits, des graminées et des plantes comestibles.

Lorsqu’ils furent sédentarisés en Palestine, ils ajoutèrent au fil du temps à leur alimentation les produits du jardin, des vignes et des vergers : lentilles, fèves (2 S 17.28), concombres, grenades, figues, raisins, olives…..et bien d’autres fruits, légumes, graminées et plantes (Nb 13.23 et 20.5, Mt 7.16). Le jus de raisin, le vin et une espèce de piquette étaient des boissons importantes sans oublier l’eau des sources, puits et rivières petites ou grandes.

On consommait beaucoup de poissons, des sauterelles souvent grillées, de la volaille, des œufs, de la viande bouillie ou rôtie ( 1 R 4.23, Neh 13.16, Mt 4.18, Lc 11.12). Les repas très simples se composaient de pain et de lentilles (Gn 25.34) et même de potages (2R 4.38), ou encore de pain et de vin (Gn 14.18) ou plus simplement encore de grains rôtis et de piquette (Rt 2.14). Abraham honora ses hôtes inattendus en leur offrant un repas plus substantiel : du beurre, du lait , des gâteaux de fine farine et de la viande de veau (Gn 18.3-8). La table des riches et des « grands » présentait une plus grande abondance et diversité d’aliments (1 R 4.22-23, Néh 5.18)

Les repas jouaient un grand rôle social chez les Hébreux et la religion n’était jamais bien loin. Ils se déroulaient le matin et le soir (Jn 21.4 et 12, Ex 16.12 et 17.6) et s’accompagnaient d’ablutions rituelles.

 

ONCTION

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Ce mot est un dérivé actif du verbe oindre qui signifie verser de l’huile sur la tête, ou l’appliquer de tout autre façon à une personne ou un objet.

Comme d’autres peuples de l’antiquité, les Hébreux avaient l’habitude de se frotter le corps avec de l’huile pour un usage profane hygiène, soin de la peau et action cosmétique (Ex 30.32).

Mais l’onction revêt plus précisément un caractère saint ; elle est une mise à part pour le service de Dieu et parfois du royaume terrestre.

Elle était pratiquée sur les différents objets du culte (Ex 30.26-29). Elle servait aussi a réintégrer dans la communauté les lépreux guéris (Lev 14.17, 18, 27, et 28).

Outre ceux-ci, elle était la « marque » qui servait à distinguer trois catégories de personnes qui jouaient un rôle important dans la vie sociale et religieuse de l’époque.

-1 Les Sacrificateurs. L’huile dont ils étaient oints avait une composition particulière et ne pouvait servir à un usage profane (Ex 30.22-25 puis 30). Elle  était répandu sur la tête du sacrificateur et l’on en faisait l’aspersion sur ses vêtement (Ex 29.21, Lv 8.18 puis 30, Ps 133.2). Le souverain sacrificateur recevait une onction spéciale qui le distinguait des autres sacrificateurs (Lv 21.10).

-2 Les Rois. Nous n’avons pas d’indication sur la composition utilisée en vue de l’onction royale. Le sacrificateur ou le prophète consacrant avait une corne remplie d’huile et en versait le contenu sur le nouveau roi ( 1S 10.1, 16.3 et 13, 1R 1.39, 19.15-13 et 2R 9.6 et 11-12).

-3 Les Prophètes. Il est peu probable que l’onction ait régulièrement marqué le début de leur activité. Nous avons cependant un exemple d’onction prophétique dans le cas d’Elisée ( R19.16). Ceux qui avaient reçu l’onction étaient appelés « oints » (En hébreux, Messie dont l’équivalent grec est Christ). Ce titre est appliqué par exemple a Saül (1S 24.11, 26.9, 2S 1.16).

Dans les Psaumes, l’oint peut être tantôt le roi terrestre, tantôt le Messie promis (Ps 2.2, 20.7, 28.8). Dans certains passages, ce terme désigne sans conteste, dans la pensée même des auteurs, uniquement le Rédempteur promis à la fin des temps ( Dan 9.25 et 26).

 

Dans le Nouveau Testament, l’onction est tout naturellement le privilège du Seigneur Jésus lui-même (Lc 4.18, Act 4.27 puis 10.38, Hbr 1.9). Cette onction n’a pas été de nature matérielle, mais résultait directement de l’intervention du Saint Esprit (Act 10.38). Elle le mettait à part pour son triple ministère de sacrificateur, de roi et de prophète. Le titre de Christ, Oint, qui lui est appliqué plus de 500 fois dans le Nouveau Testament, souligne l’importance de cette suprême onction.

Les rachetés du Christ, étant de ce fait mis a part pour Dieu, rois et sacrificateurs ( 1Pi 2.5 et 9, Ap 1.6 puis 5.10) ont aussi reçu une onction toute spirituelle (2Cor 1.21), par la venue dans leur être du Saint-Esprit. Cette onction demeure sur eux et leur permet de distinguer la vérité de l’erreur (1Jn 2.20 puis 27).

 

ONESIME (voir PHILÉMON)

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Ce nom vient d’un mot grec signifiant utile. Esclave de Philémon, converti par le ministère de Paul à Rome. L’apôtre le renvoya à son maître devenu chrétien lui aussi auquel il demanda de l’accueillir, non comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé (Phm 10.19). Accompagné de Tychique, Onésime porta de Rome à Colosses, dont il était originaire, l’Épître aux Colossiens et celle à Philémon (Col 4.7-9).

 

PATMOS

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Patmos est une petite île rocheuse grecque d’un peu plus de 34 Km2 faisant partie de l’archipel Dodécanèse situé dans la mer Égée. Sont point culminant est le Mont Profitis qui n’atteint que 269 mètres. La population ne dépasse actuellement que de très peu les 3000 âmes et n’a jamais été très nombreuse. Patmos reste non auto-suffisante en eau ce qui explique la faiblesse de son agriculture.

Les Romains utilisèrent l’île comme lieu, idéal à leurs yeux, de déportation et d’exil forcé.

Ce petit bout de terre est devenu un des plus haut lieu de la Chrétienté. En effet, sur ordre de l’empereur Romain Domitien, Jean y fut très vraisemblablement exilé en 95 pour avoir prêcher l’Évangile et porter témoignage de Jésus le Christ.

A Patmos, le Seigneur accorda à notre frère Jean des visions qu’il rapporte dans le dernier livre du Nouveau Testament : l’Apocalypse (Al 1.9). Du grec Apocalypsis signifiant révélation. Un texte difficile mais fondamental et qui interpelle chacune et chacun d’entre nous.

En débarquant sous la contrainte sur cette langue de terre, Jean, âgé, ne se doutait sans doute pas de ce que il allait lui arriver...et à nous aussi.

En 1080, un saint homme nommé Christodule fit construire le monastère de Saint-Jean-le-Théologien à l’emplacement d’un temple d’Artémis avec l’aide de l’empereur Byzantin Alexis 1er Comnène. Le monastère se développa rapidement au point de se constituer une importante bibliothèque enviée qui reste difficile d’accès aux profanes.

Qui va à Patmos se doit de visiter aussi le célèbre « grotte de l’Apocalypse » qui serait un des lieux où Jean reçu ses visions prophétiques bouleversantes.

Patmos, une bien petite île pour un grand et divin dessein.

 

PHILÉMON

Philémon est l'un des nombreux convertis à Jésus-Christ grâce à l'action de Paul (Phm.19). Celui-ci lui adresse d'ailleurs une courte épître pour prendre la défense d'Onésime, devenu chrétien et ancien esclave de Philémon.. En grec ancien, son nom se traduit par « affectionné ». Philémon habitait Colosses, sous domination Romaine, la même ville qu'Archippe et d'où Onésime s'enfuya (Reportez vous à Phm.2 cf Col.4.17 et Phm 10 cf Col 4.9) Philémon accueillait avec foi et compassion des chrétiens dans sa maison. Paul le nomme son « compagnon d’œuvre » et loue son comportement charitable ( Phm 5.7).

Paul n'étant pas passé par Colosses, on peut supposer que la conversion de Philémon s'effectua à l'occasion du ministère de l'apôtre à Éphèse (Act 19.10). Il paraît vraisemblable qu'Apphia fut son épouse et Archippe leur fils (Phm 2).

Philémon : un chrétien courageux et investi lors des premiers temps d'un christianisme naissant dans un monde Romain, païen et hostile.

 

PIERRE ANGULAIRE

 Pierre fondamentale faisant l’angle extérieur d’un bâtiment, donc placée au point de jonction de deux murs et les maintenant ensemble. En Palestine, à l’époque, dans la carrière de pierre, le maître-maçon venait âprement discuter avec le fournisseur de pierres de la valeur et de l’emploi des différents blocs.

Au sens figuré, Christ est la pierre angulaire de tout l’édifice (Rom 9.33, Eph 2.20, 1 Pi 2.6 ) et aussi la principale de l’angle (1 Pi 2.7). Entendons ce qu’il dit dans Mt 21.42-43 en s’adressant aux prêtres et aux pharisiens : « Jésus leur dit : n’avez vous jamais lu dans les Écritures : - La pierre qu’ont rejetée ceux qui construisaient est devenue la pierre angulaire : c’est l’œuvre du Seigneur, et c’est un prodige à nos yeux -. C’est pourquoi, je vous le dis, le Royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits »

La citation est tirée de Ps 118.22-24 ; Es 28.16. Or les versets 22-23 du Ps 118 faisaient partie du « Grand Hallel »*, c’est-à-dire du même psaume que le Hosanna avec lequel Jésus fut accueilli quelques jours auparavant ( Mt 21.9). Par cette citation, Jésus veut dire : votre rejet ne changera pas le plan de Dieu. Il était prévu. Mais Dieu exécutera son dessein malgré vous et fera de celui que vous rejetez la pièce maîtresse du Temple spirituel qu’il va construire. Cependant prenez garde qu’il ne vous arrive pas ce que Esaîe a prévu (Mt 21.44). C’est Jésus « la pierre rejetée par les constructeurs » qui deviendra « la pierre principale à l’angle de l’édifice » nouveau du Temple de la nouvelle Alliance. Pour certains théologiens, le statut de « peuple élu » et de « nation sainte » (Ex 19.5-6) risque donc d’échapper à Israël, comme Dieu l’en avait prévenu (Ex 32.10, Nb 14.12) et comme Jean Baptiste en avait menacé ses auditeurs (Mt 3.10).

Cependant, Paul, donne un sens moins radical a ces deux interprétations et introduit une notion temporel. A vos bibles, Romains 9 à 11. En guise d’illustration, nous pouvons lire en Romains 11.25-27 : « En effet, je ne veux pas frères et sœurs, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous preniez pas tous pour des sages : une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement jusqu’à ce que l’ensemble des non-juifs soit entré. Et ainsi tout Israël sera sauvé, comme le dit l’écriture : le libérateur viendra de Sion et il écartera de Jacob les impiétés. Et telle sera mon alliance avec eux, lorsque j’enlèverai leurs péchés ( Es 59-20-21 et 29) ».

 
* « Grand Hallel : prière juive composée des psaumes 113-118 et prononcée à l’occasion de certaines fêtes juives joyeuses (Louanges, remerciements à Dieu).

 

PRÉTOIRE

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Ce mot vient du latin et signifie littéralement « appartenant à un prêteur » donc à une personne détenant du pouvoir. La signification primitive désignait l’espace autour de la tente du général à l’époque de la Rome naissante, puis la résidence officielle du gouverneur d’une province : donc un palais.

Dans le Nouveau Testament, le terme désigne principalement 3 bâtiments :

1/ Le palais qu’occupa Ponce-Pilate à Jérusalem et devant lequel il dressa son tribunal (Mc 15.16,         Mt 27.27, Jn 18.28 et Jn 18.28 et 33 puis 19.9) ; Jésus y reçu coups, insultes et humiliations.

Ainsi ce mot de prétoire ne peut plus rester anodin dans notre mémoire.

Certains archéologues le situent à la forteresse Antonia, mais il semble vraisemblable que les procurateurs de Judée, cas de Ponce-Pilate, résidaient plutôt dans l’ancien palais d’Hérode le Grand.

2/ Palais d’Hérode à Césarée : Paul y fut emprisonné (Act 23.35)

3/ Lieu où se situait la Garde Prétorienne de Rome, chargée de veiller sur le palais impérial.

Lorsque Paul écrivit l’Épître aux Philippiens, il fait mention d’un prétoire (Ph 1.13 et 4 .22). Or chaque ville importante avec un gouverneur de l’Empire avait son prétoire. En première analyse celui de Césarée peut paraître vraisemblable.

Cependant si on se fie à la chronologie déductive, il semble bien que Paul était à Rome et que prétoire et maison de César soient synonymes dans son Épître.

 

QUESTION

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Ce terrible mot, encore malheureusement d’actualité de nos jours, désigne, en tentant d’en affaiblir l’horrible réalité, la liste des épouvantables tortures que les Romains infligeaient à certains inculpés pour les obliger à avouer. Bien qu’il fut, par son père, citoyen romain et donc exempté d’un tel traitement, Paul a été soumis à la question par le fouet. Il en fut aussitôt délivré lorsqu’il révéla enfin sa citoyenneté romaine à ses tortionnaires (Act 22.24-29).

Jésus n’échappa pas à ces mauvais traitements. Il fut giflé, battu et fouetté d’office.

Cette atroce pratique, courante dans l’antiquité, était inconnue en Israël, rare civilisation à ne pas pratiquer cette forme barbare d’interrogatoire.

 

 RÉSURRECTION DE JÉSUS CHRIST

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Le retour de Christ à une vie corporelle glorifiée 3 jours après sa mort, calculés selon la coutume juive de l’époque, constitue avec la croix la base même de l’évangile (1Cor 15.3-4). Paul n’hésite pas courageusement a écrire que sans ce fait, élément constitutif de notre Foi, celle ci serait absolument vaine : « Et si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédiction est vide, et votre Foi aussi. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins vis à vis de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ » (1Cor 15 14-15)….On ne peut être plus clair. En retournant la parole inspirée de Paul, on peut écrire que l’on croit en la résurrection de Jésus parce qu’on a la Foi. Croire en cette résurrection parce qu’on a uniquement une peur légitime de la mort ne fait pas de nous des chrétiens. Car « la Foi c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hbr 11.1).

Cette résurrection est plusieurs fois annoncé au fil de l’Ancien Testament avec reprises dans le Nouveau ( Lc 24.44-46, Gn 22.2-5,  Hbr 11.19, Nb 16.1-11, Rom 1.4, Es 53.10-12, Mt 12.39-40, Ps 16.9-10 et 110.1, Act 2.29-36)….

Notre Seigneur en avait lui-même averti ses disciples (Mt16.21 et 17.22-23 puis 20.19, Jn 2.18-22, Mc 9 .9-10). ceux ci montrèrent du reste diverses formes d’incrédulité silencieuse à ces annonces.  

Après une mort dûment constatée et toutes les précautions prises par les autorité pour empêcher toute supercherie, les Écritures nous donnent des éléments de preuve de cet extraordinaire événement.

Les témoignages sont nombreux et concordants : Les femmes du petit matin se rendant au tombeau, Marie-Madeleine, les disciples, Pierre, Jean, Thomas, les gardes, les anciens, les disciples d’Emmaüs, les onze apôtres, les 500 frères dont il est fait mention dans 1 Cor 15.6.

Les disciples, loin de forger par eux-mêmes des apparitions imaginaires, en considérant de plus leur attitude antérieure, ont eu beaucoup de peine à se laisser persuader d’un fait dépassant vertigineusement  l’entendement ordinaire. Jésus, du reste, leur reprochera leur incrédulité et leur dureté de cœur (Mc 16.13-14, Lc 24.22-25 et 37-39). Il leur fournira de telles preuves qu’ils furent unanimement et intimement persuadés. Il en résultat une Foi si grande qu’elle les transforma radicalement et les rendit capables d’aller jusqu’à la mort pour leur Maître ressuscité.

D’autre part, le tombeau était demeuré vide, et les ennemis même de l’Église naissante n’ont jamais pu produire le cadavre du crucifié.

« Mort ou est ton aiguillon ? Enfer ou est ta victoire ? » (1Cor 15.55) écrira justement Paul en citant Os 13.14. Nous comprenons alors mieux la réponse que fait Jésus aux sadducéens qui tentaient de le « piéger » par une question « tordue » : « En ce qui concerne la résurrection des morts, n’avez vous pas lu ce que Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de de Jacob ? Dieu  n’est pas de Dieu des morts, mais des vivants » Mt 22.31.32.

Après les 40 jours passés avec ses apôtres, le Christ glorifié les quitta puis ils reçurent chacun le Saint-Esprit (Act 1.3-9).

Désormais, les disciples devinrent en tout lieux témoins de la résurrection ( voir Act 1.23, 2.32, 3.15, 4.10, et 33, 5.31-32, 10.40-43, 13.30-37, 25.19..etc..etc).

Quelles sont les conséquences de la résurrection ?

- Pour Jésus-Christ lui-même : il est affirmé Fils de Dieu avec puissance (Rom 1.4), tout pouvoir lui est donné dans les cieux et sur la terre (Mt 28.18), il est désormais, en parlant à la manière des humains, assis à la droite de Dieu, couronné non plus d’épines mais de gloire et d’honneur (Act 2.32-34, Heb 2.9), en attendant de revenir pour établir son règne (Act 17.31).

- Pour les croyant : la résurrection rend possible notre salut (Rom 4.25). Le Christ vivant intercède pour nous et nous sauve parfaitement (Hbr 7.23-25, 1Pi 3.21).

Christ, le dernier Adam, crée ainsi une nouvelle humanité dont nous devenons membre (1Cor 15.45-49). Il est les prémices de ceux qui sont morts, et sa résurrection garantit la nôtre. Oui, il est la résurrection et la vie, il est vraiment ressuscité ( 1Cor 15.20-23 et Jn 11.25-26). Alléluia.

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RHODE : rosier

 Servante de Marie, la mère de Jean-Marc. Pierre, après sa délivrance, vint frapper à la porte de la maison de Marie. Rhode, intriguée, alla voir d’où venait ce bruit. Entendant la voix de Pierre, elle en fut si heureuse qu’elle en oublia d’ouvrir la porte à l’apôtre pour courir annoncer la bonne nouvelle aux personnes présentes dans la maison : Pierre était sauf et devant leur porte. Pierre dut continuer à frapper pour les persuader de lui ouvrir. (Act 12.13-16)

 

RUFUS: rouge

 Fils de ce Simon de Cyrène contraint d’aider Jésus à porter sa croix (Mc 15.21). Il est peut-être le chrétien que Paul fait saluer (Rom 16.13)

 

SEL

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Quoi de plus commun que le sel ? Il fait partie de la vie quotidienne de l’humanité depuis la nuit des temps : il sert à donner du goût aux aliments, à conserver certains d’entre-eux (Job 6.6) et a même servi parfois de monnaie d’échange.

La Loi ordonnait de mettre du sel sur toutes les offrandes faites à Dieu (Lv 2.13, Ez 43.24). Dans l’antiquité du Moyen-Orient, les armées se servaient du sel sur l’emplacement des villes vouées à la destruction. C’est ainsi qu’Abimelec rasa la cité de Sichem et fit répandre du sel sur les ruine de celle-ci (Jug 9.45) dans l’esprit que rien n’y repousse jamais.

Mais avec Jésus le mot va prendre une tout autre saveur et un autre sens pour nous, Chrétiens.

En effet, il dit aux croyants, qu’à leur tour, ils sont le sel de la terre (Mt 5.31), qu’ils doivent donc donc avoir du sel en eux-mêmes (Mc 9.51). Paul ajoute, plus tard, que leur parole ne peut qu’être assaisonnée de sel (Col 4.1). Ils participent ainsi à l’élargissement en ce monde de la Grâce et de la Foi.

Il est certain que rien n’est plus plat, insipide, désagréable, que des Chrétiens sans influence, des vies sans reliefs, des propos vides de sens et ou l’Esprit est absent : l’interlocuteur n’a qu’une envie, se débarrasser le plus vite possible de ces mots là.

Plusieurs Pères de l’Église ont voulu tirer d’autres enseignements de ce symbole et de la parole du Christ. Comme le sel empêche la pourriture, les croyants sont naturellement un frein à la corruption de ce monde.

Si le sel provoque la soif, les Chrétiens devraient donner à tous par leurs attitude, actes et mots la soif de la parole Divine et des bienfaits du Dieu Vivant et Unique en sa Trinité.

 

SENEVE

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Sénevé ou moutarde, est donc une plante fournissant un condiment. (Lc 13.19). Elle dépasse en hauteur les autres herbes et devient un arbrisseau (Mt13.32) dont les branches attirent les oiseaux à la recherche de nourriture et de graines.

Ces dernières, appelées par hyperbole les plus petites des graines (Mat 13.32), illustrent fort justement le développement du Royaume des cieux qui a eu un début insignifiant. La parabole employé par Jésus est riche de sens et d’avenir.

L’expression proverbiale, chez les Juifs, « gros comme un grain de moutarde » (Mt 17.20 et Lc17.6) désigne quelque chose de minuscule (voir illustration). Sénevé est le nom vulgaire  de la Sinapis  nigra , moutarde noire commune en Palestine qui croit à l’état sauvage pour atteindre la taille d’un cavalier sur son cheval. De nos jours elle est cultivée.

En attendant, que l’arbrisseau se développe.

 

SERPENT D’AIRAIN

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 Serpent de métal que Moïse fixa sur une perche de bois dans le désert. Les Israélites mordus par des serpents, symbole de la tentation par ailleurs (Gn 3.1/3.14), étaient appelés à se tourner vers cet emblème et faire acte de foi à Dieu qui promettait de les guérir si ils le regardaient (Nb 21.8-9).

Malheureusement, plus tard, ils en firent une idole ( N°hushtan soit « airain ») qu’Ézéchias brisa.

Jésus explique le sens spirituel de sa crucifixion en se comparant au serpent d’airain de Moïse (Jn 3.14-15). Le Christ, « fait péché » pour nous, a été élevé sur le bois de la croix et maudit à notre place. Ainsi tous ceux que le venin mortel du mal condamne à la mort éternelle sont sauvés en regardant vers lui par et avec la foi ( 2 Cor 5.21, 1 Pi 2.24).

 

TARSE

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Cité natale de Saul ( Nom hébreux signifiant : demandé - à Dieu) (Act 21.39 et 22.3) qui prendra le nom de Paul après sa conversion sur la route de Damas.
Il nous reste peu de vestiges de la ville de Tarse dont l’apogée se situe à l’époque romaine à partir de -68. Autrefois cité très prospère artisanale et commerçante, située près de la mer avec un port dur le fleuve Cydnus. Capitale de la Cilicie, elle compta jusqu’à 300 000 habitants. La ville était renommée grâce à la fabrication de la cilice, étoffe faite de poils de chèvres et utilisée pour la fabrication de tentes.
Mais c’était aussi une métropole universitaire, renommée par la qualité de son enseignement de la philosophie (selon le géographe grec Strabon) et possédant des écoles pour toutes les disciplines. Cité cosmopolite, chacun y venait avec ses dieux.
Paul y est né (2 à 10 après Jésus-Christ)?) dans une famille sans doute aisée de la diaspora juive. Son père était un Pharisien particulièrement zélé et et reconnu. Paul vécu ses premières années dans cette conception de la foi. La communauté juive jouissait à Tarse d’une grande autonomie. On ne sait comment (Influence politique, don d’argent, mérite reconnu…) mais le jeune Paul accéda à la citoyenneté romaine, ce qui lui fut d’une grande utilité dans son ministère. Le Seigneur veillait sur lui.
Jusqu’à l’âge de 15 ans, en plus d’une instruction pharisienne, Paul reçu les bases d’une formation à la culture grecque et latine, sans doute par l’intermédiaire d’un esclave ou un homme libre érudit, car un pharisien ne pouvait envoyer son fils dans une école païenne. Là encore cette éducation, qu’il creusa sans nul doute, préparait Paul sans qu’il n’en sache rien sur le moment à devenir l’apôtre des « non-juifs ».  Après 15 ans, il quitta Tarse pour Jérusalem afin de suivre une formation rabbinique. Le célèbre docteur de la Loi, membre du sanhédrin et pharisien Gamaliel 1er l’Ancien semble avoir joué un grand rôle lors de cette formation (Act 22.3).
Paul, après sa conversion, revint à Tarse (Act 9.30 et 11.25), mais il n’était plus celui qui avait quitté cette ville quelques années auparavant. Il avait rencontré Jésus-Christ, sa voie et notre voie, parfois difficile à suivre mais salutaire, vers un Tout Autre plein d’amour.

 

TETRARQUE

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Ce mot, d’origine grecque (cavalerie), désigne le personnage qui gouvernait le quart d’un état ou d’une province. Philippe de Macédoine divisa, par exemple, la Thessalie en 4 Tétrarchies. Puis le titre fut appliqué à des princes subalternes même si le territoire concerné n’était par réparti entre 4 chefs. Les Romains, politiques habiles, appelaient « tétrarques » des princes de moindre importance que les rois et les ethnarques.

Le Nouveau Testament en mentionne trois : Hérode, tétrarque de Galilée, Philippe, tétrarque de l’Itérée et de la Trachonidite puis Lysanias, tétrarque de l’Abilène (Lc 3.1).

Auguste, Empereur Romain, avait confié le titre d’ethnarque et la moitié du royaume d’Hérode le Grand à Archelaüs. Avisé, il partagea l’autre moitié en deux tétrarchies qu’il alloua à Hérode Antipas et à Philippe.

On donnait parfois aux tétrarques le titre de roi par courtoisie, voire par habileté. (Mt 14.1 et 9, Mc 6.14). Certains d’entre eux se comportèrent avec cruauté, comme de petits potentats orientaux tout en vivant dans la crainte de l’Empire et de ses espions. Rien de nouveau sous le soleil du Créateur.

 

VERGE

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Force est de constater que ce simple mot a dans la bible plusieurs origines sémantiques et significations.

1- D’abord l’hébreu avec le mot « shëbet » signifiant verge, bâton du châtiment (Ex 21.20, 2S 7.14, Jb 9.34, Pv 10.13, Es 11.4), parfois la houlette du berger (Ez 20.37, Mi 7.14). Les bergers font passer les moutons sous leur bâton pour les compter plus aisément : belle métaphore pointant le soin particulier que Dieu prend pour chacune de ces brebis. Jésus dira plus tard qu’il est « le bon berger ». La verge est ainsi symbole de puissance et d’autorité ( Ps 2.9, Jr 48.17) où le mot hébreu se traduit aussi par sceptre.

2 – Toujours l’hébreu avec l’emploi du mot « matteh » qui oriente ainsi la traduction vers canne, bâton pour marcher (Ex 4.2, 8.1, 1 S 14.27 et 43).

La verge de Moïse était un bâton de berger, employé parfois aussi  par Aaron avec lequel les deux frères accomplissaient des miracles. Pour cette raison on la nommait également « la verge de Dieu » (Ex 4.20 et 17.9). La souveraine sacrificature instituée par Moïse ayant fait l’objet des critiques et des murmures désapprobateurs du peuple, Dieu fit fleurir en une nuit la verge d’Aaron (Nb 17.1-11).

Nous pouvons pouvons voir ici un symbole très fort et prémonitoire de la résurrection de Christ dont la divinité et la souveraine sacrifitature furent confirmées par sa résurrection d’entre les morts : se reporter à Rom 1.4 et Hbr 9.4 entre autres.

3 – Maintenant intéressons nous à la langue grecque ancienne. Le mot employé est « rhabdos », ou le verbe « rhabdizô ». Ces deux termes étant réciproquement déclinés l’un de l’autre. S’ils peuvent être traduits par verge, ils désignent surtout le bâton du voyageur (Mt 10.10), le sceptre du commandement (Hbr 1.8), la verge du châtiment (1 Cor 4.21). C’est bien dans ce dernier sens qu’il faut entendre l’affreux supplice romain de la flagellation auquel fut soumis Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur (Mc 15.15), ainsi que ses serviteurs Paul et Silas (Act 16.22, 22.25 et 2 Cor 11.25).

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VINAIGRE

Voici un mot bien ordinaire et qui appartient encore à notre vie quotidienne.
Il s’agit, dès la plus haute antiquité du bassin méditerranéen, d’une boisson fermenté devenu aigre par la production naturelle ou provoquée de l’acide acétique (Nb 6.3) Il est produit à partir du vin ou d’autres boissons alcoolisées. Il agace les dents (Pv 10.26). Les habitants du Moyen-Orient le mélangeaient ( lorsqu’il était doux)  curieusement avec un peu d’huile pour apaiser leur soif lorsque l’eau commençait à se raréfier (Rt 2.14)
Les armées romaines buvaient dans leurs camps un vin léger, suri, appelé acétum, vinaigre. C’est probablement une boisson de ce genre que le soldat romain offrit à Jésus pour étancher sa soif ardente (Mc 15.36, Jn 19.29-30)
Jésus en accepta juste une gorgée. On lui avait tendu auparavant une sorte de vin euphorisant et calmant mêlé de myrrhe. Jésus refusa cette coupe, il avait décidé de boire la sienne jusqu’à la lie pour notre salut (Mt 27.34, Mc 15.23).   

 

ZEBEDEE
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Le Nouveau Testament est peuplé de femmes et d’hommes qui, sous l’influence du Saint Esprit certainement, ont participé indirectement ou directement à l’essor de l’Évangile et du Christianisme. Zébédée est l’un d’entre eux.

Son nom est une forme grecque de l’hébreu « Z’badyah ». Époux de Salomé, père de Jacques et de Jean, il exerçait avec eux le métier de pêcheur sur le lac de Galilée (Mt 4.21-22). Il semble avoir été relativement aisé pour l’époque car employant des ouvriers (Mc 1.19-20)

En y réfléchissant bien, on peut au moins s’en étonner, mais il ne s’opposa en aucune manière a ce que ses deux fils suivent Jésus. A méditer.

 

ZÉLOTE

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C’est par ce mot que fut surnommé Simon le Cannanite, sans doute pour son profond respect de la Loi, ce qui ne l’empêchat pas de devenir un apôtre du Christ ( Lc 6.15) durant la vie terrestre de celui-ci et sans doute bien après sa crucifixion, sa résurrection et son ascension. (Voir une illustration de tradition Orthodoxe de Simon Le Zélote plus haut).

Zélote veut dire : « celui qui est zélé. En fait il s’agit d’une transcription grecque d’un ancien mot Araméen « kan’ân » signifiant zèle.

Ce mot désigna aussi les membres d’un parti de patriotes juifs  crée par Judas le Galiléen et qui se révolta contre les romain à l’occasion du second recensement (environ 7 après J.-C). Ils s’opposèrent aux troupes romaines dirigées par Quirinius, Légat d’Auguste. Ce partie dégénéra en un corps d’assassins, les sicaires, et fut anéanti (Act 5.37)

Soyons donc tous zélotes pour Christ mais certainement pas à la manière de Judas le Galiléen et les siens !