LA CROIX ET LE QUATUOR

lacroixetlequatuor.jpg

Dans les années 1780, le compositeur Autrichien Joseph HAYDN ( 1732-1809) était considéré comme le plus célèbre et talentueux d’Europe-plus encore que MOZART.

Dans le courant de l’an 1786, il reçut une des commandes les plus surprenantes de sa carrière par un chanoine de l’église de Cadix : la composition d’une pièce instrumentale dont le sujet était Les Sept Dernières Paroles (Entendez phrases) Du Christ En Croix. Notre compositeur ne pouvait imaginer que cette future œuvre deviendrait un quatuor (dont il assura la transcription), un oratorio (très belle version HARNONCOURT) et une pièce pour piano seul.

Il se mit à ce travail délicat et malaisé au cours de l’hiver 1786-1787 et connut les pires difficultés, facilement imaginables.

L’une d’elles résidait dans sa structure en sus de son thème. En effet il n’existe toujours pas une chronologie fiable à 100 % des 7 (ce chiffre n’est pas un hasard) dernières phrases prononcées par Jésus crucifié d’autant plus qu’elles sont extraites des 4 Évangiles. HAYDN s’est appuyé sur sur les études des théologiens et des exégètes de l’époque. Le résultat semble plausible.

L’œuvre débute par une brève introduction et se termine par une évocation du tremblement de terre qui se produisit à la mort de notre Sauveur. Entre ces deux séquences, sont enchâssées les 7 paroles (phrases) du Christ en croix dans l’ordre suivant : Lc 23.34 « Jésus dit :  Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’il font », puis Lc 23.43, Je 19.26-27, Mc 15.34 et Mt 27.46, Je 19.28, Je 19.30 et enfin Lc 23.46 «  Jésus s’écria d’une voix forte : Père je remets mon esprit entre tes mains. Après avoir dit ces paroles, il expira ». Du Père au Père. Bouleversant..

La première représentation en public de l’œuvre sous sa forme instrumentale fut un triomphe.

La version proposée ici, interprétée par le célèbre quatuor TALICH, est considérée de par le monde comme une référence. Elle croule sous les récompenses. Mais là n’est pas l’essentiel.

Ils ne sont que 4, pourtant on les croirait plus nombreux tant les superpositions de tonalités quasi holographiques des instruments aux sons boisés sont précisément et finement ciselées. Cette musique s’écoute avec le cœur et l’esprit. La dimension hautement spirituelle du thème et les souffrances de notre Seigneur sont exposées avec subtilité et un sens sublimé du réel. Les TALICH ré-enchantent une composition complexe au sujet délicat à traiter..mais aussi plein de mystères qui nous échappent. Ils apparaissent ici comme des passeurs pleinement éveillés d’un poids d’émotions et de sensations indicibles.

Beau et poignant. Superbe.

 

KANTATEN

Haydn