ISOIR  -  BACH

ISOIR BACH.jpg

André ISOIR, disparu il y a quelques mois, fut un Maître et un excellent organiste parmi les meilleurs au monde. Malgré l’exceptionnelle maîtrise de son imposant instrument, il prenait cependant un risque en "s'attaquant" à l'une des compositions les plus complexe et les plus emblématique de l’œuvre de Jean Sébastien BACH : l’Art de la Fugue.

On connaît la polémique qui a couru sur les modalités de son interprétation originale. Gustav LEONHARDT semble bien avoir convaincu la galaxie des musiciens et des musicologues, que cette composition avait été élaboré pour le clavecin, compte tenu du fait que cet instrument, aisément transportable, était le seul, à l'époque, à pouvoir jouer toute l'amplitude de la partition gorgée de subtilités, de difficultés techniques et d’harmoniques redoutables. L’autre instrument possible étant…. l’orgue.
Cette composition apparaît donc comme un recueil déployé en fugues et en canons bâtis dans une logique d'épuisement du champ des possibles de l'art contrapuntique. Rien que cela. Depuis, plus personne ne s’y est risqué.

BACH, vraisemblablement renforcé dans son incroyable talent par son séjour à Lübeck chez Dietrich BUXTEHUDE (fin 1706/début 1707) atteint ici des sommets qui laissèrent les musiciens du 18em et 19em siècles si perplexes que certains décrétèrent que l’œuvre était injouable !
C'est au plus près de la partition, par son incontestable habileté et son sens du contre-point, qu'André ISOIR fait surgir d'entre les notes toute la lumière mordorée et les beautés froides et chatoyantes mais aussi parfois incandescentes de cette œuvre unique, véritable testament pédagogique du Cantor de Leipzig.
Quelques rares compositeurs et critiques on dit de "l'Art de la fugue" qu'il s'agissait d'une composition mathématique et conceptuelle...en négligeant sa foisonnante richesse musicale et sa dévotion induite.

Ce n’est pas l’avis des interprètes qui se sont « colletés »à une œuvre réputée pour ne pas se laisser aisément découvrir. Mais si belle à entendre et à comprendre.
André ISOIR nous fait découvrir tout autre chose, comme 2 ou 3 autres : G.LEONHARDT (clavecin), R.GOEBEL (orchestre de chambre) soit l'humain au delà des notes, et au dessus encore, une indicible dimension divine. Avec Jean Sébastien BACH, Dieu n’est jamais bien loin. Même dans des œuvres en apparence plus profanes.

André ISOIR en fait une version quasi jubilatoire, d’une poésie et d’une exubérance inouïes.
Chaudement recommandé, à ne pas manquer.

Cette captation souveraine a recueilli « 4 F » de Télérérama, un « Choc » du Monde de la musique, le « CD Choc » de Classica et un « Diapason d’or » de Diapason en se limitant à la presse spécialisée hexagonale.
Bonne et agréable écoute.

 

KANTATEN