Fauré_ Requiem, Op. 48 - . Liber

Si on devait établir un classement des 3 compositeurs Français qui ont le plus marqué la fin du 19em et le début du 20em siècle, nul doute que nous nous retrouverions en compagnie de Claude DEBUSSY, Maurice RAVEL et Gabriel FAURE.

Gabriel FAURE (1845-1924) a laissé une œuvre musicale riche et variée, elle est malheureusement un peu oubliée de nos jours. Sa musique , solaire, se caractérise par de subtiles et élégantes tonalités liant avec grâce la fin de l’ère post-romantique et la modernité alors en marche. Plus particulièrement, en témoigne son œuvre pour piano et ses remarquables compositions chambristes.Faure_requiem

Son Requiem fut crée le 16 -01-1888 à l’église de la Madeleine à Paris. Il en était le Maître de chapelle. Sa composition s’inscrit dans le temps d’une grande tristesse et de méditations vécues par son auteur, suite à la disparition de son père (1885) puis de sa mère (1886). L’œuvre sera remaniés à plusieurs reprises (1889, 1891, 1899). La version de 1899 est commentée ici.

Mais laissons le musicien parler lui même de sa composition en 1902 : « Mon Requiem...on dit qu’il n’exprimerait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé « une berceuse de la mort » . Mais c’est ainsi que je conçois la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur de l’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux »

Étonnant Requiem en effet qui tranche avec la tonalité majoritaire de tous les autres, variablement ténébreux, majestueux, lugubre ou parfois un peu moralisateur (MOZART, CAMPRA, VERDI, DURUFLE, DVORAK..etc ).

Ici nous ne nous retrouvons pas dans un univers de pierres tombales froides et humides, mais dans celui de pierres sèches et chaudes au soleil, presque dans le chant des cigales...la Vie continue… toute autre.

Nous sommes, en effet, en présence d’une œuvre musicale fondamentalement différente des canons du genre ; d’une délicatesse de teintes et d’une joie intérieure nullement incompatible avec la noblesse, la force et la gravité du sujet. Tout repose ici sur l’espoir du croyant souligné par une grande pureté sonore.

Jamais un Requiem n’aura été aussi près de ce que nous dit Jésus : « Or Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous sont vivants pour lui » (Lc 20.38)

Alors, réjouissons nous.

Gabriel FAURE, le croyant musicien, nous aura légué un Requiem apaisé et intimiste. Fait rare, il terminera sa composition par un « In paradisium » d’une beauté à couper le souffle, comme une porte ouverte, un ultime message d’espérance et d’apaisement.

A l’occasion de la présente captation, Daniel BARENBOIM mène de main de maître l’orchestre de Paris en suivant note après note toute la retenue et la modération de cette composition poignante et parcourue de subtiles nuances. La soprano Sheila ARMSTONG chante un « Pie Jesu » à faire pleurer les pierres et le merveilleux baryton Dietrich FISCHER-DIESKAU apparaît à son mieux.

Un indispensable.

 


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Fauré Requiem