Matthias Weckmann (1616­-1674), fils de Pasteur Luthérien, est un musicien baroque dont une grande partie des œuvres reste perdue. Ses cantates et motets sont admirables de spiritualité et de foi.

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A son admission comme choriste à la chapelle de la cour de Saxe ou il étudia entre autres disciplines le chant et l'orgue. Il eut comme professeur Heinrich Schütz qui à sa mue réussit à le faire étudier avec Jacob Praetorius le Jeune. C'est dire que les bases musicales du jeune Matthias furent à la fois diversifiées,solides et ancrées dans l'univers d'un baroque sacré alors en pleine expansion et mutations. Après un court passage à la cour du Danemark, il se retrouve à Dresde en 1647. En 1655, il devient organiste à l'église St Jacques et Ste Gertrude d'Hambourg. Son ami Johan Mattheson, fort bon musicien, a, du reste, largement commenté cet événement. Matthias fonde une école de musique célèbre et couru: le "Collegium Musicum. Il déploie alors tous ses talents de compositeur et d'organiste. 1663 est pour lui, comme pour des milliers d'autres, une année terrible: la peste s'abat comme une hyène létale affamée sur Hambourg et ses environs. Les rues sont jonchées de cadavres. Matthias Weckmann y perdra presque tous ses amis et surtout sa femme tant aimée. Pour Matthias, l'amoindrissement de la douleur et du chagrin passera par la foi, la composition musicale et son activité d'organiste. Matthias Weckmann (1616-1674), fils de Pasteur Luthérien, est un musicien baroque dont une grande partie des œuvres reste perdue. Ses cantates et motets sont admirables de spiritualité et de foi.

A son admission comme choriste à la chapelle de la cour de Saxe ou il étudia entre autres disciplines le chant et l'orgue. Il eut comme professeur Heinrich Schütz qui à sa mue réussit à le faire étudier avec Jacob Praetorius le Jeune. C'est dire que les bases musicales du jeune Matthias furent à la fois diversifiées,solides et ancrées dans l'univers d'un baroque sacré alors en pleine expansion et mutations.

Après un court passage à la cour du Danemark, il se retrouve à Dresde en 1647. En 1655, il devient organiste à l'église St Jacques et Ste Gertrude d'Hambourg. Son ami Johan Mattheson, fort bon musicien, a, du reste, largement commenté cet événement.
 Matthias fonde une école de musique célèbre et couru: le "Collegium Musicum. Il déploie alors tous ses talents de compositeur et d'organiste.
1663 est pour lui, comme pour des milliers d'autres, une année terrible: la peste s'abat comme une hyène létale affamée sur Hambourg et ses environs. Les rues sont jonchées de cadavres. Matthias Weckmann y perdra presque tous ses amis et surtout sa femme tant aimée. Pour Matthias, l'amoindrissement de la douleur et du chagrin passera par la foi,  la composition musicale et son activité d'organiste. Il retrouvera ainsi un goût à la vie et une perception renouvelée de la condition humaine.

Le Ricercar-Consort s'exprime ici au cœur du répertoire où il excelle: celui de cette spiritualité propre au nord de l'Allemagne conjuguant paradoxalement l'orthodoxie Luthérienne et l'ouverture Hanséatique.
Le présent album se partage harmonieusement entre des pièces vocales et des pièces pour orgue.

Le magnifique et douloureux "Wie liegtdie Stad so wûste", émanation des "lamentations de Jérémie",domine les compositions chantées et émerge comme l'ultime expression de la douleur du compositeur. Ce chant de l'indicible est admirablement servi par la soprano Suédoise Maria Keohane et soutenu par la basse Genevoise Stéphan McLeod aux justes colorations baroques. Sans vibrato.
De fait, c'est toute cette captation qui se trouve immergée dans les eaux de la contritions, du chagrin, puis de la rémission et de l'espoir revenu. Cette atmosphère particulière teinte l'ensemble d'une flagrante humanité.

Le "Concerto II,Zion spricht a 3 voci § 5 stromenti", fascinant exemple de madrigal spirituel et particulièrement porté par l'alto Carlos Mena et le ténor Hans-Jörg Mammel dans un style sans faille est une illustration des talents multiples déployés par le Ricecar-Consort.
Quand à Maude Gratton, organiste, sa virtuosité précise et chaleureuse nous laisse un agréable sentiment de "sans faute" et de rare réussite ("Praembulum Primi toni a 5").

Vibrations harmonieuses des vents, colorations boisées des cordes, humanité des chants, Philippe Pierlot conduit tout son monde avec une grande et fructueuse habileté et dans des tonalités fuguées d'un esprit résolument baroque et spirituel, voici une captation qui sort des sentiers battus et re-battus. Voila une excellente musique qui finalement, au delà de sa beauté intrinsèque, parle avec grâce de notre condition: celle d'être humain. Superbe et émouvant.

Bonne écoute.

KANTATEN.